Catégorie : Actualités

Objectif : zéro primo infection VIH dans le canton de Vaud (développement)

Développement de la motion déposée au Grand Conseil du canton de Vaud le 21 décembre 2021

L’épidémie du VIH continue à sévir partout dans le monde depuis 40 ans maintenant. La motion déposée aujourd’hui et largement cosignée souhaite que le canton de Vaud définisse une stratégie cantonale visant à éviter toutes nouvelles infections le VIH d’ici 2030 conformément à l’objectif d’ONUSIDA et l’inscrive dans la Loi sur la santé publique.

Actuellement en Suisse ce sont environ 500 nouvelles infections au VIH par année qui sont recensées. Bien que le nombre de nouveaux cas positifs ait considérablement baissé ces 30 dernières années, une éradication totale du virus doit aujourd’hui être visée. Pour y parvenir, une stratégie efficace doit être définie et encadrée. Il s’agit à présent de missionner l’État afin que celui-ci définisse un cadre légal pour atteindre cet objectif.

Si le dispositif vaudois actuel existe et contribue à lutter contre le virus et ses dommages, il nécessite aujourd’hui d’être renforcé et amélioré pour atteindre l’objectif du zéro cas à l’horizon 2030.

Parmi les mesures à étudier, figurent les modalités d’un élargissement du système de dépistage du VIH et de son accessibilité, le lancement d’un programme cantonal de distribution de la PrEP ciblé sur les publics à risques, un plan de mobilisation de tout le système de santé et la lutte contre la stigmatisation des personnes séropositives. Si nous vivons aujourd’hui depuis longtemps avec le virus du VIH, les stigmates qu’il génère restent indemnes pour les personnes qui en sont touchées. Grâce à la prévention, l’accès au dépistage ou en renforçant les diagnostics dans tout le système de santé, le nombre de nouveaux cas ne pourra que reculer.

Acceptation de la motion visant à interdire les thérapies de conversion

Intervention dans le débat le 15 décembre

Les « thérapies de conversion », c’est-à-dire les pratiques qui visent à modifier l’orientation affective et sexuelle ou l’identité de genre, reposent sur le principe erroné que les personnes LGBTIQ+ sont malades et nécessiteraient des soins ou qu’elles sont dans l’erreur. Or ces pratiques sont profondément nuisibles et à l’origine de graves souffrances comme les travaux de la commission l’ont montré. Au-delà de l’atteinte à la personnalité et de la vision problématique qu’elles promeuvent quant à l’orientation ou l’identité d’une personne, elles provoquent des traumatismes psychologiques et physiques qui laissent de graves séquelles et violent les droits humains. Parmi les ravages que produisent ces pseudo-traitements figurent une perte considérable d’estime de soi, l’anxiété, un état dépressif, un isolement social, des problèmes relationnels, une haine de soi, de la honte, de la culpabilité, un dysfonctionnement sexuel, des idées suicidaires, des tentatives de suicide et des symptômes de trouble post-traumatique.

Plusieurs pays ont récemment interdit ces pratiques. Des démarches identiques sont en cours dans une dizaine de cantons, à des stades divers. Dans notre canton aussi malheureusement, et les informations que le département a pu nous donner, et je l’en remercie, le démontrent : cette question est un enjeu. La nécessité est donc là. Nous avons aujourd’hui l’occasion d’avancer pour rapidement régler cette question. Car, en attendant, ce sont surtout les jeunes, vulnérables, en période de questionnement ou de coming out, qui restent exposées à ces programmes. Avant de conclure, je profite de cette intervention pour remercier de manière appuyée les membres de la commission et sa présidente pour le soin apporté à ce sujet et la Cheffe de département et ses services pour le travail préparatoire qui a été très utile. Je vous remercie d’avance du soutien que vous manifesterez à cette motion.

Agir contre les démonstrations publiques de discrimination et de haine ! (Développement)

Développement de l’interpellation déposée au Grand Conseil du canton de Vaud le 28 septembre 2021

Le 12 septembre dernier, Le Matin dimanche relatait le dernier agissement d’Alain Soral. Ce résident de notre canton depuis une courte période a renouvelé des paroles hostiles et dégradantes envers les personnes LGBTIQ+ dans un contexte public, ce qui s’ajoute à des prises de position sexistes, racistes ou encore antisémites. Par respect pour toutes les personnes, nous renonçons à relayer ici ces paroles outrancières.

Cela dit, il se trouve que l’article 261bis du Code pénal réprime les appels à la haine et à la discrimination envers une personne ou un groupe de personnes en raison de leur appartenance ethnique, religieuse ou de leur orientation sexuelle. Il ne s’agit donc pas d’opinions politiques, quoi qu’en pensent certaines et certains. Pour rappel, dans un contexte plus large, j’ai déposé le 2 mars dernier une interpellation sur la mise en œuvre de l’élargissement de cette norme pénale (21_INT_33). Cet objet n’a pas encore reçu de réponse, à ce jour. Notre canton est ouvert et tolérant, mais cela ne doit pas se retourner contre la population ou l’une de ses communautés. Aucune tolérance ne peut être manifestée envers celles et ceux qui la méprisent, envers celles et ceux qui formulent des appels au racisme, à la haine antisémite ou homophobe. Dès lors, nous remercions d’avance le Conseil d’Etat pour ses réponses.

Intervention au Grand Conseil « Un an après, il est temps d’agir contre les crimes LGBTIQ-phobes ! »

Intervention au Grand Conseil dans le cadre du développement de l’interpellation « Un an après, il est temps d’agir contre les crimes LGBTIQ-phobes ! »

Les personnes LGBTIQ+ sont régulièrement victimes d’agressions physiques et psychologiques en raison de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de l’expression de leur genre. Ces agressions ont de lourdes conséquences physiques et psychologiques pour les victimes, elles accablent aussi l’ensemble des personnes LGBTIQ+ en provoquant également des changements de comportement, par exemple en faisant hésiter de pouvoir vivre normalement dans l’espace public. Ce constat doit nous interpeler.

Le 9 février 2020, la Suisse a dit OUI à 63% à la protection des personnes LGBTIQ+ contre la haine, les Vaudoises et les Vaudois soutenant cette extension de la norme pénale à la discrimination homophobe à plus de 80%. La loi ne suffit pas et des mesures concrètes sont nécessaires. Si la population a donné un signal clair, les mesures de sensibilisation et de prévention font toujours défaut. Les autorités politiques ne peuvent pas rester inactives et doivent agir contre la discrimination et l’hostilité envers les personnes LGBTIQ+.

Dans sa réponse au postulat du Conseiller national Angelo Barrile (PS / ZH) « Plan d’action national contre les crimes de haine anti-LGBTIQ », le Conseil fédéral relève que les autorités compétentes étant cantonales et communales, il appartient aux autorités organisant, notamment, les corps de police de mettre en œuvre cette nouvelle norme pénale et de les compléter par « des mesures adéquates de sensibilisation, de prévention, d’intervention et de monitorage ».

Il appartient donc aux autorités politiques en charge de la sécurité publique de se saisir de ce thème et d’agir. C’est pourquoi notre groupe souhaiterait connaître les dispositions prévues par le Conseil d’Etat. Comme la politique de sécurité publique n’est pas seulement une prérogative cantonale, des élues et des élus socialistes interviennent en ce moment devant les conseils intercommunaux de police régionale et devant les Conseils communaux des principales villes vaudoises.

Intervention au Grand Conseil: « Pour l’interdiction des “thérapies de conversion“ »

Développement de la motion « Pour l’interdiction des “thérapies de conversion“ » devant le Grand Conseil le mardi 9 mars 2021.

« Tu deviendras hétéro mon fils » Dans ce documentaire réalisé par Caroline Benarrosh et diffusé cet automne, des récits éclairants sont relayés. Un jeune à qui on impose de lire des récits de viols de jeunes adolescentes par des hommes âgés. Une jeune femme qui doit subir sous hypnose de regarder des images visant à susciter le désir d’être pénétrée. Des jeunes gens qui sont inscrits à des cours de restauration de l’identité, basé notamment sur la perspective d’une réconciliation avec une orientation et une identité correspondant au à la norme hétérosexuelle.

Assimilée par un rapport du Conseil des droits de l’homme de l’ONU à des actes de torture, les « thérapies de conversion » sont « intrinsèquement discriminatoires, cruelles, inhumaines et dégradantes et selon la sévérité de ces pratiques, de la souffrance, de la douleur physique ou mentale qu’elles infligent à la victime, elles peuvent être assimilées à des actes de torture. » Elles partent du principe que les personnes d’orientations affectives et sexuelles diverses ou dont l’identité de genre ne correspond pas à celle qui leur a été assignée à la naissance seraient déviantes et inférieures, sur le plan moral, spirituel ou physique, et devraient donc changer leur orientation ou leur identité pour y remédier.

Parmi les conséquences délétères de ces thérapies, on peut relever un dégoût de soi et de son orientation sexuelle et affective, de l’anxiété, une dépression avec des idées suicidaires, des troubles sévères de la sexualité, un échec scolaire pour les adolescents, des situations conjugales extrêmement douloureuses lorsque la personne est encouragée à former un couple hétérosexuel et/ou contrainte à se marier. Ces pratiques sont d’une extrême violence et ne sauraient entrer dans le cadre de la liberté d’expression ou dans celle de la liberté de conscience et de religion tant elles induisent de la souffrance.

Il faut en finir avec les pratiques visant à modifier l’orientation sexuelle et affective ou l’identité de genre d’une personne car elles constituent des atteintes graves à la personnalité et provoque des souffrances importantes. Afin de protéger les mineurs et toutes les personnes de ces actions, une interdiction doit être prévue par la loi.

« Je pense aux hommes, je suis désolé » ainsi s’exprime Jared Eamons dans le film « Boys erased » réalisé par Joel Edgerton en 2018 et relatant l’histoire vraie d’une jeune personne contrainte par sa famille à suivre une thérapie de conversion visant à le contraindre à changer son orientation sexuelle et affective. C’est pour les Jared et toutes et tous les autres que nous devons agir.

Chacun et chacune doit pouvoir vivre dans notre canton dans le respect de son orientation et de son identité. C’est aussi simple que cela.

Au nom des 42 membres du Grand Conseil signataires de cette motion, je me réjouis de continuer cette discussion en commission.


Le texte de la motion:

https://www.julien-eggenberger.ch/pour-linterdiction-des-therapies-de-conversion/

Il y a une année: la Maison du Peuple fêtait sa rénovation!

Une soirée d’inauguration pour clôturer trois ans de travaux et poursuivre la vocation de la Maison du Peuple depuis sa création.

Plus de 100 personnes étaient réunies le 5 mars 2020, autour des personnalités qui ont façonné la Maison du Peuple au cours des années, et pour honorer celles et ceux qui ont mené la rénovation de son aile sud.

Retrouvez ici les images de cette belle soirée, le discours du président du Cercle ouvrier, Julien Eggenberger, ainsi que le reportage de LaTélé du 10 mars 2020.

Surtout, découvrez ici le film réalisé par Adian Blaser pour l’occasion et qui témoigne de l’importance de la Maison du Peuple pour les mouvements sociaux dans le Canton de Vaud.

La suite sous:

https://lamaisondupeuple.ch/il-y-a-une-annee-la-maison-du-peuple-fetait-sa-renovation/

 

Stages pré-professionnels : outil d’intégration au monde du travail ou réservoir de personnel bon marché?

De plus en plus souvent, les jeunes entrent sur le marché du travail avec des contrats de stage ou se voient contraints de réaliser des stages préalables de longue durée. Résultat : les mauvaises conditions de travail et la sous-enchère salariale se multiplient.
Mon intervention lors du débat au Grand Conseil en soutien au Postulat de Muriel Cuendet Schmidt « Stages pré-professionnels : outil d’intégration au monde du travail ou réservoir de personnel bon marché ? »

Le texte du postulat et les rapports de minorité et majorité:
https://www.vd.ch/toutes-les-autorites/grand-conseil/seances-du-grand-conseil/point-seance/id/4319dfba-8b48-47ed-904d-c57d49de52c2/meeting/1000546/

Non à une mise au pas du corps enseignant!

Est-ce que vous pensez vraiment que le problème de l’école est un manque de hiérarchie et de bureaucratie ?
Mon intervention contre le postulat Croci-Torti « Pour un accompagnement actuel et adapté du corps enseignant vaudois » visant à renforcer les outils RH aux mains des directions afin de mieux « accompagner » le corps enseignant.

Une juste reconnaissance pour le personnel impliqué dans la réponse sanitaire

Intervention dans le cadre du débat de la Résolution Raphaël Mahaim et consorts au nom Groupes socialiste, vert, vert’libéral, libre et ensemble à gauche – Une juste reconnaissance pour le personnel impliqué dans la réponse sanitaire le mercredi 16 décembre 2020 au Grand Conseil du canton de Vaud.

Depuis le début de la crise sanitaire, le monde entier a compris combien le travail dans les soins signifie professionnalisme, flexibilité, disponibilité jour et nuit, courage et une formation continue suffisante. Aide-soignant-e, TRM, infirmier-ère, sage-femme, transporteur-trice, ASSC, employé-e de ménage ou de cuisine, réceptionniste, physio, ergo : toutes et tous travaillent sans relâche, avec des horaires qui changent sans cesse, toutes et tous ont dû se former à toute vitesse, parfois sans le matériel nécessaire pour se protéger. Ils accompagnent, soignent, nettoient, transportent, les patient-e-s à l’hôpital, dans les EMS ou à domicile. Ils prennent des risques pour leur santé et celle de leurs proches, ils mettent leur vie familiale entre parenthèses. Maintenant, ils veulent que les employeurs et les autorités reconnaissent concrètement leur travail.

Ce personnel est là pour nous. Il représente ce qu’est le service public : une prestation pour toutes et tous, tout le temps, de qualité et avec engagement. Jamais nous n’avons autant réalisé combien leur rôle est essentiel.

Tout d’abord, il faut une coronaprime comme demandé la résolution dont nous traitons. Une manière de remercier concrètement le personnel. Dans de nombreux secteurs, c’est déjà réalité : La Poste, Coop, etc… Mais aussi dans la santé comme, par exemple, dans le canton de Fribourg, à l’EHC ou au GHOL.

Un effort important doit aussi être réalisé concernant les effectifs et les conditions de travail. La pression grandissante, la logique du chiffre, la mise en concurrence des acteurs de la santé sont des tendances qui pressurent le personnel, sans que cela n’améliore en rien la qualité des soins, au contraire.

Après la première vague, les institutions de soin n’ont pas pris la mesure des renforcements nécessaires, plusieurs d’entre elles ont bloqué les embauches suite aux difficultés financières. Une décision rationnelle financièrement, mais incompréhensible du point de vue sanitaire. Le système de financement a mis en péril le secteur alors même qu’il avait besoin de renforcement. Il faut un financement extraordinaire du secteur santé pour faire face à la pandémie et la fin du financement hospitalier selon le principe des forfaits par cas.

Mais finalement, et il faut bien le dire, cette résolution reste bien en deçà de ce qui est nécessaire. Une revalorisation immédiate de toutes les fonctions du secteur santé est urgente.

Les applaudissements du soir jour après jour étaient un encouragement. Maintenant, il faut entendre les revendications. C’est pourquoi je vous invite à soutenir cette résolution, comme un signal, une direction. Mais j’insiste sur le fait qu’il faudra aller plus loin, qu’il faudra s’engager sur la durée, et surtout qu’il faudra allouer les moyens. Loin d’un symbole ou d’un ressenti, c’est d’une démarche concrète, sonnante et trébuchante qui est nécessaire.

A celles et ceux qui opposent chômeurs, chômeuses, indépendant-e-s, ou salarié-e-s en RHT et personnel de la santé, je réponds que la pirouette est facile et franchement indécente.

Et je conclurai par le slogan lu sur une banderole brandie par un groupe de soignantes lors de la manifestation organisée par le SSP cet automne : « Les applaudissements et les mercis, c’est fini ! Maintenant il faut payer ! »